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mardi 29 avril 2008

L’intérêt du glycérol en alimentation animale

Lors de la journée de l’AFZ du 10 avril dernier, Patrick Chapoutot, professeur à AgroParisTech, a rappelé l’intérêt du glycérol en alimentation animale.

- Le glycérol provenant de la fabrication des biocarburants a une pureté de 63 à 99% selon le process utilisé.
- Ce que l’on appelle « glycérine » contient au minimum 80% de glycérol et au maximum 0.5% de méthanol.
- On n’observe pas de problèmes de qualité physique des granulés jusqu’à un taux d’incorporation de 15%.

En porc et en volailles :
- Aucun problème décelé pour des taux inférieur à 10% de glycérol pur.
- A 5% d’incorporation : l’énergie métabolisable (EM) est de 17,5-17,6 MJ/kg (soit 4,2 Mcal/kg).
- A 10 et 15% l’EM baisse à 3,3 Mcal en volaille et 2,4-2,6 en porcs.

En ruminants :
- Le glycérol est à différentier du propylène glycol.
- On ne constate pas de problème d’ingestion jusqu’à 1 kg/jour/vache.
- Le taux d’énergie du glycérol est de 1,2-1,3 UFL/kg.

Patrick Chapoutot a aussi rappelé lors de sa présentation que l’Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) a émis le 3 mai dernier un avis sur le taux d’incorporation maximal de glycérine dans les aliments complets et complémentaires : ce taux ne doit pas dépasser les 10%.

mercredi 20 juin 2007

L'INRA donne des prix

Lors de la journée-conférence INRA du 14 juin concernant entre autre l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC), une conférence a porté plus particulièrement sur l’impact des biocarburants dans l’Union Européenne. On peut relever quelques chiffres de prospectives intéressants. Avec l’arrivée des biocarburants (objectif de 7% en 2010), et d’après un rapport de la Commission Européenne, le prix du blé devrait augmenter de 8%, celui de l’huile de colza de 100% tandis que le tourteau de colza devrait voir son prix chuter de 56%. Avec un certain nombre de critères fixés, les chercheurs de l’INRA, eux, trouvent d’autres chiffres tout aussi intéressants : prix du tourteau de colza en 2010 estimé à 110 € (prix domestique), celui du tourteau de soja à 175 € pour la même année. Ils estiment aussi que les prix de la viande seront en baisse par conséquence : -1,2 % pour la volaille, -1,2 % pour le porc, -0,4 % pour les bovins.

Tout le diaporama ici
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mardi 5 juin 2007

Alimentation animale : les biocarburants redistribuent les rôles

Avec l’arrivée des usines de biocarburants et les coproduits qui en découleront c’est toute le marché de l’alimentation animale qui est en ébullition. Dans la France Agricole du 1er juin, un article reprend les dernières quantités énoncées de ces coproduits : 1,3 million de t de tourteau de colza, 550 000 t de drêches de blé et 160 000 t de drêches de maïs d’ici 2010. Si les fabricants d’aliment pour animaux s’estiment les mieux placés pour valoriser ces coproduits et veulent devenir des partenaires incontournables pour les éleveurs, l’Afssa (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments) se préoccupe surtout de la qualité sanitaire de ces matières premières.

Sur ce dernier sujet, il faut noter qu’un règlement zoonose impose l’absence de salmonelles dans les aliments volailles dès 2008, et dans les aliments porcs dès 2009. Ces aliments subiront donc un traitement thermique, ce pourrait répartir différemment les rôles entre éleveurs et fabricants d’aliment.

Parallèlement à ces questions, les industriels de l’alimentation travaillent aussi sur les problématiques actuelles des éleveurs : rations sèches, gestion du temps de travail, conseils stratégiques… pour peu que ces services soient rémunérateurs.

La France Agricole – 1er Juin 2007

vendredi 13 avril 2007

Le glycérol débarque dans les rations

Le glycérol, comme le tourteau de colza ou la drèche de blé, est un coproduit des biocarburants. Plus exactement le glycérol est un coproduit de la filière biodiesel car il est constitué lors de la phase d’estérification de l’huile végétale de colza avec du méthanol. Pour une tonne d’huile estérifiée on obtient 0,1 T de glycérol. Ce coproduit était pour l’instant purifié à plus de 99,9 % pour des applications pharmaceutiques et des cosmétiques (il est notamment utilisé dans les pâtes dentifrices). Mais étant donné les quantités à venir, ces débouchés ne suffiront plus. En alimentation animale, le glycérol est un coproduit mal connu. En Allemagne il est déjà utilisé par les fabricants d’aliment ou incorporé directement dans les rations de gros élevages.

Contrairement au glycérol produit par les industries chimiques, le coproduit des biocarburants n’est pur qu’à 80-85 %. De plus on peut certaines fois retrouver dedans, du fait du process, du méthanol, des matières grasses, du phosphore, du potassium voire même du plomb ! Ceci a bien sûr un impact non négligeable sur les propriétés nutritionnelles du coproduit.

Ce problème mis à part, le glycérol en alimentation animale, notamment en bovins, aurait plusieurs avantages selon Karl-Heinz Südekum, de l'Université de Bonn, qui travaille sur le sujet. Il serait :
- une source d’énergie rapidement métabolisable qui peut remplacer une autre source de glucides aux même propriétés tel que le blé,
- un stabilisateur de la qualité sanitaire en empêchant le développement de moisissures
- un produit appétent du fait d’un goût très sucré, appétence qui peut permettre d’augmenter l’ingestion totale.

En bovin, les essais portaient sur des génisses qui ont ingérées 1 kg de glycérol par jour, avec un taux d’incorporation de 15% du concentré dans une ration de 14 à 15 kg de MS comprenant 40% de fourrage et 60% de concentrés. L’énergie nette en production laitière du composé pur est de 9,5 mégajoules (MJ) par kilo. Au niveau du rumen, le glycérol est fermenté en quasi totalité, sa production majeure est de l’acide propionique. Une faible, mais significative, quantité du coproduit peut tout de même être absorbée directement à travers le rumen. Contrairement à ce qui a pu être dit, le glycérol n’est donc pas considéré comme un compétiteur direct du propylène glycol.

En porcs et volailles, à 5% dans la ration le potentiel du glycérol est pleinement exploité (17,5 –17,6 MJ ME/kg). Ce taux peut être relevé à 10 % en volaille avec tout de même une légère baisse énergétique. Par contre on observe de fortes pertes en porcs pour ce même taux.

D’après La France Agricole du 6 avril 2007 et la présentation de Karl-Heinz Südekum, Université de Bonn, à la journée de l’AFTAA du 21 mars 2007.

jeudi 22 mars 2007

Les coproduits testés pour l’élevage

Avec le développement des biocarburants, des coproduits connus tels les tourteaux ou « nouveaux » comme les drèches vont arriver en grande quantité sur le marché. Les utilisations de ces coproduits en alimentation animale sont donc regardées de près.
A l’horizon 2010, ça ne seront pas moins de 700 000 à un million de tonnes de drèches supplémentaires qui feront leur arrivée sur le marché (Blé pour 80%, Maïs pour le reste). A coté de ces coproduits du bioéthanol, il y aura une augmentation de 1,5 à 2 Mt de tourteaux d’oléagineux qui rejoigneront donc les 1,8 Mt de tonnes produits actuellement (1,3 Mt de tourteau de colza et 500 000 t de tourteau de tournesol) d’après le Syncopac.
Si l’utilisation du tourteau de colza en substitution du soja pour les ruminants est assez développée, son utilisation en porcs et en volailles semble plus difficile mais les obstacles (digestibilité, appétence, risque nutritionnel) sont levés progressivement.

En drèches, les références en alimentation animale manquent cruellement. Là encore elles sont utilisées surtout en bovins mais les volumes à venir devraient inciter à une augmentation de l’utilisation en porcs et volailles.
Arvalis fait actuellement une étude pour tester les possibilités des drèches en monogastriques justement. Pour le porc à l’engraissement, la digestibilité idéale standardisée (DIS) de la MAT est équivalente à celle du tourteau de colza mais reste inférieur à celle du blé et du tourteau de soja. Mais du fait de leur plus forte concentration en protéines, les drèches apportent plus d’acides aminés que le blé pour un même volume. Aucun problème particulier n’est remarqué sauf peut être en volailles à cause d’une forte teneur en fibres.
Ces tests ne sont pas encore faits à partir de drèches issues d’usines de biocarburants qui seront sans doute de qualité supérieure vue la technicité des nouvelles usines.

Agrodistribution de février 2007 – Les coproduits testés pour l’élevage (non accessible en ligne)

Conférence « biofuels » aux Pays-Bas – Possibilités d’incorporation

Lors de ce colloque quelques chiffres ont été donné sur les taux possibles d’incorporation. Par exemple les taux de DDGS (distillers grains secs, drèches de maïs ici) dans les formulations en élevage porcin pourraient être de 10 à 15% dans l’aliment starter, 15% en croissance, 10% en finition, et 20% pour l’aliment gestation et lactation. Ces taux pourraient même être augmenter de 50% ou 100% si les éleveurs acceptés des risques moindres quant aux performances. Ces chiffres sont valables ici pour des drèches de maïs, les valeurs pour la drèche de blé ne sont pas encore bien connues. Là encore le problème est que les teneurs énergétiques sont très variables selon les sources de ces coproduits, les process, les testeurs…

Pour les farines issues de colza, les incorporations possibles sont de 4 kg/jour maximum pour les vaches laitières, 1,2 kg/jour pour les bovins viande, 10% pour les porcs en engraissement, 5 à 10% pour les truies. Pour les tourteaux : 1,5 à 2 kg/jour pour les vaches laitières, 1 kg/jour pour les bovins viande, 7 à 10% pour les porcs à l’engraissement, 5 à 10% pour les truies. Les possibilités d’incorporation pour les porcelets sont encore à l’ étude mais devraient se rapprocher des valeurs valables pour les truies (5 à 10%).

La Revue de l’Alimentation Animale de janvier-février 2007 – Les dérivés du colza en force dans les formules ? et L’ère nouvelle des distillers grains (non consultable sur Internet)

jeudi 1 mars 2007

Les dréches de blé en alimentation animale

François Morel d’Arleux de l’Institut de l’Elevage, aujourd’hui retraité, a beaucoup travaillé sur la valorisation des coproduits et notamment sur les drèches de blé. Sur
cette page du site de l’IE
vous pouvez télécharger un document pdf récapitulatif sur l’apport de drèches de blé dans l’alimentation des bovins.

Toujours sur la valorisation des drèches de blé en alimentation animale, l’AGPB nous rappelle les propriétés intéressantes de ce coproduit :
- bon ratio en méthionine, lysine, thréonine et tryptophane, 4 acides aminés indispensables. En comparaison le soja ne contient pas assez de méthionine, il faut donc en ajouter dans la ration.
- une meilleure assimilation protéique du fait de ces ratios, et donc moins de protéines perdues dans les déjections. Ce qui implique par conséquent moins de risques de dispersion de nitrates dans les nappes d’eau.
- des possibilités intéressantes en alimentation pour monogastriques : porcs et volailles.

mardi 23 janvier 2007

Valorisation des tourteaux de colza industriels en alimentation porcine

Le tourteau de colza est essentiellement valorisé aujourd'hui chez les ruminants. De façon à accroître les débouchés du tourteau de colza, notamment dans la perspective d'une augmentation de la production de diester, le CETIOM a entrepris une étude en collaboration avec l'ONIDOL et l'ITP pour préciser les conditions d'utilisation des tourteaux de colza en alimentation porcine.
Cette étude est financée dans le cadre du programme pluriannuel de recherche en faveur des oléagineux soutenu par l'ONIOL.

Durée de l'étude : octobre 2004 à décembre 2007
Résultats attendus
- Conditions pratiques d'utilisation (taux maximum d'incorporation) des tourteaux de colza industriels pour les truies et les porcelets ;
- Catégories de tourteaux assurant l'inocuité pour ces animaux aux taux d'incorporation définis.

Source : Cetiom
Contact : Jacques Evrard, evrard@cetiom.fr